Tout savoir sur celle qui dessine des S sur le dos de nos enfants…

radiologie

Mardi 16 octobre, c’est la journée mondiale du mal de dos et plus précisément de la scoliose. L’occasion de mettre en lumière celle qui dessine des S sur le dos de nos enfants et qui vient de nul part ou presque… Explications.

Quand la scoliose se révèle…

Du côté des parents, c’est toujours à peu près la même histoire. « J’avais remarqué que ma fille ne se tenait pas droite, mais j’ai d’abord pensé qu’elle avait grandi trop vite » confie la maman de Margaux, 12 ans équipée d’un corset depuis le printemps. « Je n’arrêtais pas de répéter à mon fils de se tenir droit… Je croyais que c’était la mode…  » souffle un peu honteuse la maman du jeune Hugo, 13 ans, qui sort de son examen radiographique.

Le rôle clé du généraliste

Mais, ces mamans, comme bien d’autres, ont en commun de ne pas avoir laissé passer le temps du diagnostic. Dans les deux cas, voyant que ça ne s’arrangeait pas, elles en ont parlé à leur généraliste lors d’une consultation ordinaire. « Les généralistes jouent un rôle capital dans la détection de scoliose. En général, le médecin peut voir à l’œil nu cette déformation progressive du rachis qui dévie la colonne vertébrale de l’enfant. Lorsque c’est le cas, l’adolescent est adressé à un orthopédiste. Plus le diagnostic est posé tôt, mieux c’est… » explique le Dr Patrice Halimi, Chirurgien Orthopédiste Pédiatre à la Clinique de l’Etoile à Aix-en-Provence.

Mais comment être sûr que notre enfant a une scoliose ?

Des scolioses, le Dr Patrice Halimi en diagnostique et en suit depuis plus de 20 ans dans son cabinet. « Pour poser le diagnostic, nous procédons systématique d’abord à un examen clinique. Ensuite, nous disposons de deux appareils. Nous pouvons faire un examen avec un appareil de type Biomod. Grâce à des capteurs optiques, nous apprécions ainsi l’importance de la scoliose. Suivant les cas, nous pouvons aussi choisir de faire directement un examen radiographique. Le mieux est d’opter pour un examen de type EOS, puisqu’il y a beaucoup moins d’irradiations. Cela permet à la fois de donner l’angulation de la scoliose, la maturation osseuse de l’enfant et l’importance de la rotation vertébrale. Autant d’éléments importants à la fois dans l’affirmation du diagnostic que dans le pronostic de celui-ci » explique le spécialiste.

Mais d’où elle vient celle-là ?

Une fois le diagnostic posé vient d’abord le temps du « pourquoi ». « J’ai beaucoup culpabilisé. Le cartable trop lourd, les baskets mal attachées, les entraînements de gym trop compliqués… J’étais sûre d’avoir fait une erreur quelques part » confie une maman. Pourtant, de l’avis de toute la communauté médicale, une vraie scoliose, celle qu’on appelle « idiopathique », est le plus souvent sans cause identifiable. « Il n’y a pas vraiment de cause, et on ne peut pas en guérir. On peut simplement stopper son évolution qui dure jusqu’à la fin de la croissance. Et ça ne se fait pas tout seul ! » complète le Dr Halimi.

Le corset : symbole de la scoliose

Le suivi avec l’orthopédiste est capital, mais ça n’est pas tout. D’autres professionnels de santé peuvent également intervenir. D’abord, il y’a l’orthoprothésiste-appareilleur qui s’occupe du fameux corset. En effet, dans certains cas, il est indispensable, dans d’autres il ne l’est pas. Certains l’auront seulement la nuit, d’autres tout le temps sauf sous la douche… Comme on peut s’en douter, dans tous les cas les adolescents ne sautent pas de joie à l’idée d’en porter un même s’ils sont maintenant plus esthétiques… « La scoliose arrive au moment de l’adolescence. Disons que le corset rajoute une difficulté à ce passage compliqué. Mais, certains le prennent très bien. Ils arrivent à comprendre que c’est pour un traitement et que c’est comme s’ils avaient une jambe cassée et qu’on devait leur mettre un plâtre ou une résine » explique Raphaël Baladur, de la société Béteille Orthopédie, qui équipe des adolescents au quotidien.

Kinésithérapeute et ostéopathe en renfort

D’autres professionnels peuvent également contribuer à contenir la scoliose. L’ostéopathe peut soulager les douleurs et tensions. «  Sur un adolescent scoliotique, on peut déjà faire un ménage ostéopathique pour enlever les dysfonctions qui peuvent apparaître.» explique Stéphane Vivinus, Ostéopathe à Aix-en-Provence. Le kinésithérapeute lui aussi joue un rôle dans la prise en charge de cette pathologie notamment au niveau musculaire. « On leur fait faire des séries de renforcements musculaires. C’est important et cela vient en complément de leur activité sportive.  » confie Stéphane Bouchic, Kinésithérapeute à Gardanne. En effet, la scoliose n’empêche pas de faire du sport, c’est même recommandé !